essai de biographie
J’ai été toujours rétif à décrire, à donner une liste de noms, de lieux, une sorte de fausse mémoire pour expliquer aussi bêtement qu’une carte d’identité mon parcours. Pourquoi suis-je si allergique à ce genre d’exercice ? Probablement que j’en vois une inutilité. Cela rassure certes de « savoir », mais ce savoir n’est rien. Ce n’est pas parce que j’ai travaillé avec X ou Y que l’on peut comprendre quelque chose. Évidemment, c’est apparemment valorisant que de décrire que l’on a travaillé avec quelques très grands compositeurs ou que l’on est l’intime de certains autres. Tout ceci est de l’ordre journalistique et sans grand intérêt. Ma biographie n’est pas d’être français, australien ou tchèque. C’est d’être. Et comment suis-je ?
Là pourrait commencer une vraie biographie, mais cela nécessiterait des pages et des pages, voire un livre. Et saurions-nous vraiment quelque chose ? Je crois qu’en musique ou dans une pratique artistique en général, ce qui compte c’est la perception. Il n’y a pas de mot pour la musique, il n’y a pas de mot pour comprendre l’homme qui l’écrit. Il y a la musique et si l’auditeur veut comprendre mieux un compositeur, il lui suffit d’écouter sa musique. Croyez-vous mieux comprendre Chopin parce qu’il a vécu avec Georges Sand ? Certes, certains actes sont parfois croustillants ou dramatiques, mais ne changent rien.
Je n’ai donc pas envie d’aller plus loin. Vous pouvez commencer à écouter ma musique.
