Vous arrivez par hasard sur ce site, et à la demande de certains internautes, il m'a été suggéré de préciser qui j'étais. C'est pour moi une réponse impossible, mais on peut essayer par des "cadres" logiques acceptés.
Je suis compositeur de musique. J'écris de la musique contemporaine. Ce n'est pas très clair que de dire contemporain car tout ce qui s'écrit aujourd'hui est contemporain... Mais c'est un repère. Disons une musique qui ne cède pas aux facilités de la musique dite populaire. Il n’y a pas d’a priori dans « musique populaire » car certains musiciens savent par des organisations simples envoyer une originalité. Parcontre, souvent aujourd’hui, la répétition dans la musique populaire est permanente et simpliste.
Disons qu’avec les moyens de production actuelle, la marchandisation de la musique populaire écarte souvent l’imagination de ces musiciens, pour produire des “objets” consommables. Et l’on imagine bien, que Piero de la Francesca, Monteverdi, Rodin ou Céline ne peuvent en aucun cas être des objets facilement diffusables, facilement vendables. Pourtant ce sont ces créations qui auront le plus d’influences sur le monde, bien plus que tous les discours des hommes politiques que nous oublions aussitôt qu’ils sont prononcés.
J’écris donc -j’essaie- des musiques qui sonnent autrement, qui m’interrogent moi-même, qui m’étonnent et qui parfois me bousculent. Écrire, peindre, ne sont pas des méthodes “naturelles”. Même si cela se répète au fil du temps, l’écriture est un “épanchement” de soi vers une lecture de quelqu’un d’autre, comme si nous avions besoin de “prouver”, de donner à lire à l’autre, l’auditeur.
Après pour comprendre qui je suis, on peut énoncer des banalités -qui n’expliquent rien- comme le processus d’apprentissage, les écoles, les lieux de création, les concerts etc...
Il est évident que je viens d’une formation de musique classique et que la fréquentation des musiques du passé m’a appris plein de chose. Comprendre est une éducation. Ce n’est pas une répétition.
C’est aussi par hasard que je suis venu vers la “fabrication” de musiques. Je me souviendrai toujours, un jour chez moi, -j’étais très jeune-, - j’ai entendu une musique qui m’a semblé différente et qui m’a étonné: c’était le Sacre du Printemps”. C’est sans aucun doute cette oeuvre qui m’a fait me subvertir car l’oeuvre est subversion. Il n’y a pas d’oeuvre digne de ce nom qui ne remette pas en jeu des organisations que l’on considère comme acceptées.
La création, c’est déplacer la convention pour favoriser la lecture de ce qui se répète et qui n’apporte rien de bon à l’homme. On a beau répéter que la guerre ce n’est pas bien, rien ne l’arrête. Les églises ont beau répéter qu’il faut faire le bien, rien n’empêche ces églises de faire le mal. Bref, créer ce n’est pas se rapprocher de dieu, c’est au contraire suggérer à l’autre de voir ce qui est là, ici et maintenant près de soi et comment cela peut se modifier.
Créer c’est oser.
Voilà ce que je suis un peu.
Quelques repères d’histoire sur ma création:
travail autour de la musique d’ensemble et de chambre,
ensuite succède une période avec un travail important autour de la scène avec la fondation d’une compagnie “CAPUT MORTUUM”
Recherche sur le son, la mise en scène, comment réinventer un opéra nouveau. Plusieurs projets aboutissent “inventions”,”probe”, “fragments”...
Ensuite retour essentiellement à la musique de chambre pour laquelle j’ai une passion avec une longue pièce d’orchestre pour accompagner un film “bouts de bribes brisées”.
Puis retour en 2003 à l’opéra avec aboutissement d’un lourd projet pour solistes, choeurs, orchestre, comédiens et électroniques “pan” sur un texte de Christophe Tarkos et Pascal Rambert metteur en scène
A nouveau retour à la musique de chambre et d’ensemble.
Dans les pages “photos”, vous pouvez voir quelques extraits des spectacles.
Voir aussi les articles de presse qui concernent ce travail et les écrits.
Si cela ne suffit pas, et je peux le comprendre, écrivez- moi !
marc monnet

